Shangri-La, le Yunnan tibétain

Zhongdian a le lourd héritage de son deuxième nom : Shangri-La. La ville mythique décrite par le romancier James Hilton dans les années 1930 se prévaut d’abriter une civilisation parfaite aux mille et une merveilles. Une aubaine pour le gouvernement chinois qui, en 2001, choisit Zhongdian pour être un Shangri-La bien réel. Un choix logique, cette région du Nord du Yunnan ayant énormément à offrir, mais qui place également mes espérances très haut alors que j’y arrive par la route qui sillonne entre les montagnes depuis Lijiang. Altitude : 3 300m.

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La vieille ville de Shangri-La

La vieille ville a conservé une ambiance tibétaine, mais pour combien de temps encore ? Déjà, les restaurants, cafés et autres boutiques de souvenir ont chassé les échoppes traditionnelles. Mais l’architecture séduit, le vieux centre-ville ayant un réel cachet. Partout, on sent néanmoins l’étau de la ville moderne, qui pousse tout autour, et la pression de la politique d’assimilation orchestrée par les autorités. Tout comme pour Lijiang, je suis bien content d’y être hors-saison, quitte à devoir faire de ma cape de pluie mon accoutrement de tous les jours.

Si la vieille-ville a gardé un certain cachet, il est dommage qu’une grande partie des maisons en bois aient été brûlées lors d’un incendie en 2014. Aussi, les chantiers de reconstruction rythment le quotidien des habitants. Heureusement, le style « tibétain » semble rester la norme… une évidence pour garder grande ouverte la manne touristique.

La grande place centrale est bordée de plusieurs bâtiments remarquables. Le premier est le Guishan Si, un temple au sommet d’une colline de 21m auquel on accède via un escalier bordés de drapeaux de prière. Juste à côté, le plus grand moulin à prières du monde impressionne par sa taille. Il faut pas moins de 6 personnes pour le faire tourner, ce qui actionne pas moins de 100 000 moulins à prières contenus à l’intérieur !

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De là-haut, on a une vue imprenable sur l’Académie Thangka, où les jeunes moines viennent étudier le bouddhisme et les arts traditionnels.

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Finalement, ma balade préférée est celle menant au Baiji Si, ou « temple des poulets ». Il faut dire qu’ils trainent en nombre autour du bâtiment (fermé pendant ma visite). Le temple est situé sur une colline et surplombe la vieille ville. Les couleurs des drapeaux de prières détrempées par la pluie, les bourrasques de vent et la solitude donnent un réel parfum de bout du monde.

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Le chemin pour regagner le centre-ville est plutôt bucolique, je croise quelques chevaux courts sur patte caractéristiques de la région et un temple abandonné.

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Le monastère Songzanlin

Le monastère Songzanlin est situé à seulement 5 km de la vieille-ville de Zhongdian et directement accessible en bus. Il s’agit d’un haut lieu de culte et les pèlerins y viennent nombreux. La visite est incontournable, on s’empreigne des lieux, de l’atmosphère spirituelle renforcée par les psalmodies des moines et des odeurs d’encens. A l’image du Potala de Lhassa, au Tibet, Songzanlin est une véritable ville, avec de nombreuses habitations pour les moines et un ensemble de très nombreux temples, chacun avec ses spécificités.

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Les temples principaux sont noirs de monde, mais les pagodes un peu excentrées sont très tranquilles. Loin du flux des visiteurs, il y règne un silence introspectif. On a, il est vrai, l’impression d’entrer au cœur de l’âme tibétaine.

Les échanges avec les moines, curieux de me voir parmi les touristes locaux, et les balades entre les ruelles où la vie suit son cours, si ce n’est qu’il n’y a que des hommes tout de rouge vêtus, resteront gravés dans ma mémoire.

Pour prolonger la visite, il est possible d’entreprendre le tour du petit lac situé devant le monastère. On marche sur des planches de bois, on traverse quelques petits villages où le temps semble s’être arrêté, avant de rentrer sur Shangri-La et son effervescence. Pour ma part, c’était sous des trombes d’eau, ce qui ne facilite pas la marche, mais les points de vue sur le monastère en valent la chandelle.

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Le lac Napa

A Shangri-La, il est possible de louer des VTT pour pas grand chose et aller se promener dans les environs. Ni une, ni deux, me voilà lancé pour faire le tour du lac Napa, un circuit de 45 km. Le lac n’est vraiment pas très étendu, mais il forme une sorte de marécage dans lesquels on trouve un grand nombre de yacks et de chevaux. Cette étendue toute plate contraste avec les montagnes environnantes.

La balade vaut vraiment le coup, même si je suis rentré trempé (pluie) et boueux. Le chemin est goudronné sur sa quasi-totalité, et seul le passage sur la Nationale en fin de parcours peut être un poil dangereux, conduite chinoise oblige.

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Le canyon de Balagezong

Ce dont on se rend pas vraiment compte avant le voyage, c’est qu’en pleine saison des pluies, il est parfois difficile de se déplacer en indépendant pour aller dans les montagnes. J’ai donc expérimenté l’option « journée organisée » via une agence locale pour aller voir le canyon de Balagezong. Concrètement, l’agence organise le transport en mini-bus pour s’y rendre et rentrer le soir, et je me suis débrouillé seul sur place.

Après l’achat de l’éternel billet d’entrée, il faut obligatoirement utiliser les navettes mises en place pour se rendre aux différents sentiers de balade. Le premier arrêt permet de marcher à flanc de canyon, et de se sentir tout petit avec les parois abruptes de part et d’autre. L’arrivée est récompensée par la vue d’une petite cascade, avant de rebrousser chemin.

L’arrêt suivant est une sorte de village tibétain (abandonné ou bien reconstitué pour les visiteurs, allez savoir..) qui n’a aucun intérêt. En revanche la vue sur les montagnes qui apparaissent derrière les nuages est grisante. Je dirai même : vertigineuse. On observe ces pics pentus qui se dressent si haut, avec le vent et la pluie qui tourbillonnent autour. Une vue grandiose qui vient rattraper la journée.

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