Xiamen, la Chine côté océan

Xiamen est réputée auprès des touristes chinois. A chacun ses bonne raisons, comme son climat tropical, ses plages de sable, son atmosphère décontractée et insulaire ou encore sa gastronomie au bon goût d’océan. Cette  ville de plus de trois millions d’habitants est la localité la plus touristique de la province du Fujian. Pour autant, Xiamen reste en dehors des circuits touristiques habituels des visiteurs étrangers, ce qui en fait, de notre point de vue, une destination loin des sentiers battus.

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Xiamen, côté ville

Pour quiconque habitué aux grandes avenues modernes des métropoles chinoises, Xiamen sera une découverte étonnante.  Les alignements d’immeubles bas et usés dégagent un charme particulier. Partout, les échoppes, commerces et restos de rues animent les trottoirs et les arcades. Le centre-ville a gardé son atmosphère de gros bourg, si on sait s’aventurer en dehors des axes principaux. Et c’est cette agitation dans les rues, populaires et non aseptisées, que je retiens en premier lieu de Xiamen.

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Pour les marchés, qui sont toujours un spectacle en soi, mieux vaut s’y perdre en début ou fin de journée, lorsque les étals sont éclairés de néons blafards. Les clients, parfois en pyjama, y achètent denrées de la mer comme de la terre, tandis que les livreurs sillonnent les ruelles. Tous les sens sont en alerte, les odeurs se mêlent, les couleurs également, et on se prête au jeu du marchandage pour goûter aux fruits tropicaux inconnus en Europe…

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Une petite parenthèse gastronomique : A Xiamen, la tradition populaire veut qu’on change plusieurs fois d’enseigne au cours d’un même diner, en choisissant la spécialité de chaque restaurant. Typiquement, des poulpes au wok dans le premier, des croquettes de poisson dans le second avant de finir par une soupe appuyé au comptoir d’une échoppe ouverte sur la rue. On se prend vite au jeu !

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Pour retrouver l’animation urbaine et bouillonnante à la chinoise, rendez-vous enfin sur Zhongshan Lu le soir tombé !

 

Le temple de Nanputuo

S’il y a une visite incontournable à Xiamen, c’est bien celle de du temple de Nanputuo, accroché à flanc de falaise. La Montagne des Cinq Vieillards accueille en effet un grand nombre de pagodes et de bâtiment anciens. Si le temple à plus de 1000 ans, la configuration actuelle est bien plus récente (XVIIe siècle), le temple ayant été détruits puis reconstruit plusieurs fois. Richement décoré, les bâtiments forment un ensemble harmonieux au milieu d’un havre de verdure bienvenu. Du sommet, les visiteurs sont gratifiés d’une jolie vue sur la ville et la mer.

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L’université de Xiamen

Puisque ce voyage à Xiamen est typiquement chinois, autant faire une visite qu’aucun touriste étranger n’aurait pensé à faire : celle de l’université de la ville ! Car les universités les plus prestigieuses de Chine sont des lieux de fascination aux yeux des chinois qui les érigent en temples de la réussite. Du coup, les étudiants sont habitués à voir des groupes de visiteurs se balader dans l’enceinte des campus (je ne suis pas allé jusqu’à prendre des photos).

A Xiamen, ça se comprend d’autant plus que le cadre verdoyant est agréable et les bâtiments envahis par le lierre plutôt esthétiques. On peut éventuellement manger à la cantine (ouverte à tous) pour pas cher du tout, et jeter un oeil au tunnel de Furong, couvert de graffitis et balade prisé des élèves.

 

Le parc Bailuzhou

Le centre-ville de Xiamen est coupé en deux par un bassin aménagé, et l’île en son centre a été aménagé en parc. Prisé des riverains, il est malheureusement bétonné et entouré de grandes tours modernes d’habitation. Pas forcément ma tasse de thé, mais la promenade permet de voir les quartiers modernes de la ville, où vit la majeure partie des habitants aujourd’hui.

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En longeant le bassin vers la mer, on croise un grand nombre de pêcheurs guettant le poisson depuis les plages plus ou moins aménagées.

 

Escapade sur l’île de Gulangyu

Après ces 3 jours à écumer les rues de la ville, il est temps de prendre le large en direction de l’île de Gulangyu ! La traversée en ferry est en fait très rapide, à peine quelques minutes, mais le changement d’environnement est saisissant.

L’île se parcourt très facilement à pied. On y trouve d’ailleurs ni voitures (quel choc en venant du continent !), ni transports en commun. Gulangyu est un confettis de 2 km2 qui fut déclarée « concession internationale » au début du 20e siècle. Les européens s’y sont donc fait construire de magnifiques villas, églises et ambassades. Hormis la luxuriante végétation tropicale, tout ici à un parfum de Vieux Continent. Aujourd’hui, c’est ce patrimoine architectural préservé qu’on vient chercher sur l’île.

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Deux jours sont suffisants pour en faire un tour complet, sans se presser. Le clou de la visite est le jardin Shuzhuang, sur la rive Sud. La perfection paysagère atteint ici son paroxysme. Des pavillons et des passerelles semblent hésiter entre la mer et la terre, comme le jardin dans son ensemble d’ailleurs. Un jardin de pierre permet de prendre de la hauteur. La vue y est splendide.

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Gulangyu est réputée pour sa longue tradition musicale, et le piano y est roi. Pas étonnant donc de pouvoir y visiter un musée du piano. Plusieurs modèles originaux très anciens, pour la plupart venus d’Europe et jamais repartis.

Après en avoir pris plein les yeux dans les jardins, direction la côte Est. Ça grimpe dur et les volées d’escaliers s’enchainent pour arriver au point culminant de l’île : le Pic du Soleil, surnommé ainsi de part son orientation. De là-haut, on reste frappé par le contraste entre la forêt tropicale d’où émergent les toits à l’occidentale et la grande ville de Xiamen, au loin. C’est très fréquenté, et la queue est longue pour utiliser le télécabine.. La meilleure solution est de venir tôt et de prendre son courage à deux mains !

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En redescendant, ne pas oublier de faire un crochet par la plage. S’il faisait trop froid pour s’y baigner en février, l’ambiance était néanmoins à la détente sous les cocotiers… De quoi finir en douceur ce voyage à Xiamen…

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Quelques curiosités à voir s’il reste du temps

  • Xiamen est situé en vis-à-vis de Taïwan, et nombreux sont les centres commerciaux à s’être installés en banlieue pour revendre à prix préférentiels les produits qu’on ne trouve que chez le voisin insulaire. Le shopping de produits taïwanais est donc une activité florissante ! Pour ma part, je me suis perdu dans un supermarché en carton pâte bondé, à la sortie de Xiamen.
  • Il existe une rue franchement étonnante à Xiamen : Guài Pō, (montrer « 怪坡 » au chauffeur de taxi, possibilité d’y aller en bus également). Manifestement en pente, on à l’impression qu’elle monte dans le sens de la descente et inversement dans le sens de la montée. Des loueurs de vélos attendent les curieux, pour leur faire expérimenter le « pédalage en descente »… Dur à expliquer, mais l’effet optique créé par l’inclinaison des collines environnantes et des panneaux de signalisation est réussi (PS : la rue « monte » sur la photo ci-dessous…).

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2 réflexions sur “Xiamen, la Chine côté océan

  1. Eléonor THIBAULT dit :

    Ca me rappelle bien des souvenirs. Et moi, je n’ai pas aimé. J’y étais au mois d’aôut il y a deux ans. Ceci explique peut être cela. Trop trop chaud. Je suis allée à la plage et je me suis baignée une seule fois ! De vilains boutons sont apparus après la baignade. Le contact avec les habitants difficile même en parlant chinois, c’est le sud et il y a un accent … que je n’ai pas. J’ai fait une journées d’excursion dans les toulous. Impressionnantes bâtisses mais c’est un peu pourri par le tourisme hélas. Dans les bons souvenirs, les visites des temples, de l’université; les fruits de mer, les paysages. Et de toute facon, c’est la Chine et je suis fan. L’année prochaine, je pars en mai/juin dans le Xingjian tout à l’ouest de la Chine. Pas vraiment beaucoup de touristes du côté d’Urumqi ou Turpan.
    Merci pour le blog. Les photos reflètent bien le pays.

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    • tojraf dit :

      Bonjour Eléonor, merci beaucoup pour ton passage !
      Je suis ravi de croiser une autre adepte de la Chine. Pour ma part j’ai plus d’expérience dans le Sud du pays que dans le Nord, et comprends donc mieux la langue dans ces régions. Je m’étais posé la question des visites des Tolou, et je craignais le piège à touristes… Par contre je regrette de ne pas être allé voir le Mont Emei, pas si loin. Un de mes rêves serait de faire l’ascension de toutes les montagnes sacrées de Chine.
      Pour la baignade, je ne m’y suis pas risqué, vu l’état de pollution de la baie de Xiamen, mais le temps était très agréable en février (petite laine), quoique parfois pluvieux.
      Superbe projet que le Xinjiang… Je ne connais pas, mais ça m’évoque des images de désert de Gobi et de route de la soie. J’espère avoir ton ressenti à ton retour !
      Il me reste beaucoup à écrire sur la Chine, n’hésite pas à repasser de temps à autre ! 🙂

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