La préfecture de Nara, entre ville et campagne

La préfecture de Nara est bien souvent considérée comme le berceau du Japon et son cœur historique le plus ancien. Car avant que le pays n’installe sa capitale à Kyoto puis Tokyo, c’est bien la ville de Nara qui avait ce statut. En remontant encore dans le temps, les premières dynasties impériales siégeaient un peu plus au Sud, dans la plaine du Yamato aujourd’hui largement rurale. Équilibre idéal entre ville et campagne, la préfecture de Nara compte donc un patrimoine historique, culturel et religieux de premier plan, souvent hors des sentiers battus et dans un cadre naturel exceptionnel.


La découverte de la préfecture de Nara est bien trop souvent survolée lors d’une visite de la ville éponyme à la journée depuis Osaka ou Kyoto. En contrepied total, je vous propose ici une immersion de 5 à 6 jours dans la préfecture, au-delà de la ville de Nara elle-même et des foules de touristes. Au Japon et plus particulièrement ici, inutile de parcourir des centaines de kilomètres au pas de course pour en prendre plein les yeux.


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# LA VILLE DE NARA

De la gare, on quitte bien vite les grandes artères commerçantes pour pénétrer dans le très grand parc de Nara. Il s’agit de laisser de côté les cartes postales les plus évidentes. Oui, les daims en liberté sont la touche d’originalité ici, mais on y contemple surtout certains temples parmi les plus incroyables du Japon. Le Todai-ji reste le plus grand edifice en bois du monde, plus de mille ans après sa construction. Il abrite un Bouddha en bronze gigantesque et aimante tous les touristes de passage.

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C’est donc une aubaine pour les voyageurs qui préfèrent prendre leur temps, car les autres sites religieux du parc sont bien moins fréquentés. J’ai adoré le Nigatsu-do et la vue superbe depuis sa terrasse, ainsi que les bâtiments alentours. Un ensemble harmonieux de matériaux nobles ouvert sur la nature environnante. Je recommande également d’aller voir l’élégance pagode Goju-no-to depuis le petit étang au sud-ouest du parc.


Un petit restaurant permet d’avaler un bon bol de sobas juste en bas du Nigatsu-do. Une bonne idée pour éviter de ressortir du parc de Nara à l’heure du déjeuner.


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Le parc de Nara compte également plusieurs sanctuaires shintoïstes. J’ai vraiment un faible pour ces endroits. On ne sait plus vraiment ce qui est le fruit de la nature ou de la main de l’homme. On voit sans tout comprendre et on ressent la force des esprits. Au pied du Mont Wakakusa, j’ai eu un véritable coup de cœur pour le Tumukeyama Hachimangu, totalement hors des sentiers battus. Plus connu, le Kasuga Jingu est quant à lui magnifique et très étendu. Plutôt que d’en visiter le sanctuaire principal payant et congestionné en pleine journée, il vaut sûrement mieux poursuivre entre les cèdres jusqu’aux Wakamiya Jinja et même au delà, jusqu’au bout du chemin pavé et le dernier petit sanctuaire.

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Nara est une ville attachante en soi, et repartir sans ressentir l’atmosphère paisible de ses quartiers pittoresques serait bien dommage. Au sud de la gare, les maisons en bois de l’ère Edo (les machiyas) du quartier de Naramachi ont été préservées jusqu’à nos jours. Tout ce quartier touristique vaut le détour. Néanmoins, c’est encore une fois en sortant des itinéraires les plus évidents que j’ai été le plus séduit. Toutes les rues résidentielles entre l’agréable sanctuaire du Naramachi Tenjin et le musée de la photographie offrent une plongée dans le quotidien des Japonais.

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# LA RANDONNEE DU YAMANOBE-NO-MICHI

Prendre la clé des champs le temps de quelques jours et découvrir un Japon loin des foules, des guides touristiques traditionnels et des itinéraires qui quadrillent le pays en deux semaines : autant d’envies qui m’on conduit ici, à Sakurai. Nous sommes au Sud de Nara et au coeur de la région du Yamato. Aujourd’hui relayée au second plan, cette plaine peu urbanisée était pourtant le centre du pouvoir sur l’achipel entre les IIIe et VIIIe siècles après JC.


Yamato, conseils pratiques

  • Sakurai est idéalement située au croisement de la ligne privée Kintetsu qui traverse la région d’Est en Ouest et de la ligne JR qui file vers le Nord jusqu’à la ville de Nara. Pour ceux qui souhaitent explorer la région sur plusieurs jours, il peut être intéressant d’acheter un pass Kintetsu.
  • Une expérience à la campagne ne saurait être complète sans un hébergement chez l’habitant. Accueil souriant et sans chichi à la Rabbit House : un couple adorable loue deux chambres de style japonais non loin de la gare de Sakurai.

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Pour plonger dans ce glorieux passé tout en goûtant aux bienfaits de la nature, je recommande chaudement de randonner sur le Yamanobe no Michi. Il s’agit de la plus ancienne route balisée du Japon. Les colporteurs, marchands et messagers l’ont empruntée des siècles durant et les paysages ne devaient pas être bien differents de ceux d’aujourd’hui. La beauté du chemin vient du fait qu’il suit le flanc des montagnes à l’Est de la plaine du Yamato qu’il surplombe. Il traverse de charmants petits villages, des vergers en fleurs lors de mon passage en avril, des rizières et des forêts. Le tronçon le plus agréable débute a Miwa, directement au Nord de Sakurai, pour finir à Tenri.

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De la gare de Miwa, on gagne très vite l’incroyable sanctuaire d’Oomiwa Jinja, le plus ancien du Japon. Perdu au pied du Mont Miwa vénéré ici comme un dieu, il impose son ambiance mystique qui happe le visiteur jusqu’à l’émouvoir. La patine des cuivres et des bois du bâtiment principal, les rituels millénaires face à la Nature sans mise en scène pompeuse et le reconfortant silence de la forêt inspirent un profond recueillement. La visite de ce vénérable sanctuaire restera comme une expérience forte de mon voyage.

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Le chemin passe ensuite par plusieurs sanctuaires mineurs et dont la localisation en pleine nature fait tout le charme. A ne pas manquer notamment : le Hibara-jinja est dédié à Amaterasu, la déesse la plus importante du panthéon shintoïste. Sa configuration est unique car on y prie face à la montagne directement et non devant un bâtiment renfermant une relique comme c’est généralement le cas. On se sent parfois plongé en plein film d’Hayao Miyazaki. L’emprunte du shintoïsme est très marquée dans la région du Yamato. Sans artifice, c’est le rite originel et sans influence du bouddhisme qui est pratiqué ici. Il n’y a que les croyants et les esprits (les kamis), sans barrière si ce n’est celle de l’immense respect et de la foi.

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Le chemin finit par quitter la forêt et coupe à travers champs. Ça et là, plusieurs collines entourées d’eau attirent mon regard. Il s’agit des tumulus funéraires des premiers empereurs du Japon, la végétation ayant repris ses droits. Seuls quelques Japonais en visite s’approchent pour les étudier de plus près. Les habitations se font ensuite de plus en plus nombreuses jusqu’à l’arrivée au temple Chogaku-ji. Les jardins sont superbes et un pavillon de thé offre l’opportunité de goûter les somen, des nouilles très fines fabriquées artisanalement dans la région.

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J’ai arrêté ici ma route et repris le train à Yanagimoto (ligne JR), mais les plus courageux continueront toujours plus au Nord. Deux beaux sanctuaires sont à ne pas manquer sur la dernière section de la randonnée : le Yatogi-jinja et le Isokami-jingu. Ensuite, une courte marche rejoint la gare de Tenri (ligne JR).


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# LES GRANDS ENSEMBLES DE TEMPLES DU YAMATO

Le Kansai est décidément inépuisable en matière de temples. Ceux de Kyoto aimantent les foules, les complexes religieux moins faciles d’accès gardant ainsi leur ambiance mystique. La visite des grands ensembles de temples du Yamato s’organise parfaitement bien à la journée au départ de Sakurai, mais peut aussi être planifiée depuis Nara voire Osaka moyennant un réveil très matinal. Par la fenêtre du train, les forêts succèdent aux bambouseraies sauvages et les villages figés dans le temps s’égrainent à l’ombre des montagnes boisées.

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  • Muro-ji, les temples entre les cèdres

L’arrivée au abords du Muro-ji a tout du paysage de conte japonais. Un hameau de vieilles maisons traditionnelles s’est niché au creux d’une vallée boisée, le long d’un maigre cours d’eau cristalline. En traversant le pont rouge qui sépare le sacré du profane, on pénètre dans le complexe de temples le plus mystique de mon voyage au Japon : le Muro-ji.

Plusieurs bâtiments sont disséminés ça-et-là sur les flancs de la montagne. Des volées d’escaliers serpentent entre les immenses cèdres japonais. Calme sylvestre pour visite loin des foules. Comment ne pas être abasourdi par l’élégante perfection de la pagode à cinq étages ? Comment ne rien ressentir lors de l’ascension en pleine forêt jusqu’au Okuno-in qui marque le point culminant du complexe religieux ? Le Muro-ji est un immense coup de coeur qui mérite le déplacement. Forêts et lieux de culte forment ici un tout cohérent qui invite à la marche méditative.

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Proche de la gare de Muroguchi, je recommande chaudement un petit détour par le temple Ono-in si vous êtes dans la région au printemps. Le jardin est particulièrement fabuleux lorsque magnolias et cerisiers sont en fleurs. Le temple est très visité des Japonais en cette saison, les superbes cerisiers pleureurs plantés dans la cour étant célèbres dans la région.

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Muroguchi est desservi par la ligne Kintetsu depuis Sakurai. Le complexe religieux du Muro-ji est quant à lui accessible en bus depuis la gare. Peu de fréquences journalières, il vaut mieux consulter les horaires de retour dès l’arrivée. Possibilité de se restaurer dans le hameau face aux temples, plusieurs établissements traditionnels très recommandables se concentrent le long de la rivière. Idéal en attendant le bus !


 

  • Hase-dera, le complexe religieux prisé des Japonais

Ambiance très différente à Hase, petit village aux rues pentues qui degringolent jusqu’à la rivière en contrebas. Les Japonais y viennent nombreux pour visiter le complexe bouddhiste d’Hase-dera.

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En véritable belvédère sur les montagnes et le reste du complexe religieux, la terrasse du pavillon principal offre un fabuleux spectacle lorsque les nombreux cerisiers sont en fleurs. La proximité avec la nature et le peu de fréquentation touristique rendent l’exploration des lieux très intimiste, malgré l’étendue du site religieux. L’absence de foule permet d’en apprécier les détails et les volumes.

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Hase est desservi par la ligne Kintetsu depuis Sakurai et Muroguchi. Les deux complexes de temples se combinent donc très bien sur la journée ! Plusieurs possibilités de restauration dans la rue commerçante menant aux temples. Il faut goûter aux mochis, dessert « spécialité » de la ville !


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# LE MONT YOSHINO

Le Sud de la préfecture de Nara est une région montagneuse sillonnée de nombreux sentiers de randonnées pluri-centenaires. Le Kumano Kodo est l’un d’entre eux. Il s’agit d’un chemin de pèlerinage qui relie plusieurs montagnes sacrées disséminées dans les préfectures de Wakayama, Nara et Mie… et un des deux seuls au monde à être classé au Patrimoine de l’UNESCO (avec Saint-Jacques de Compostelle !). Le Mont Yoshino est un des points de départ du Kumano Kodo, et cette montagne présente une particularité unique au Japon qui en fait toute la renommée dans l’archipel et même au-delà : 30 000 cerisiers s’épanouissent sur le versant Nord du mont. Un argument massue pour le petit village qui entre en pleine effervescence lorsque la floraison des cerisiers atteint son paroxysme.

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Le village de Yoshino présente une charmante homogénéité architecturale typique de la campagne japonaise. Son emplacement au début du Kumano Kodo a entrainé la fondation de plusieurs temples bouddhistes et sanctuaires shintoïstes le long de sa rue principale. Finalement, on y croise nombre d’esthètes et de promeneurs dans une ambiance de kermesse, avec un doux soupçon de spiritualité qui se nourrit de la belle nature environnante. J’ai eu la chance de vivre une cérémonie bouddhiste au temple Kinpusen-ji, qui surplombe tout le village.

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La balade qui grimpe à travers le village finit par laisser place à de sublimes panoramas sur les cerisiers et les montagnes. Il ne faut surtout pas manquer la visite du Yoshimizu-jinja. Après m’être purifié et recueilli, je me suis oublié dans la contemplation du paysage unique au monde. Plus haut, des sanctuaires mineurs ponctuent la promenade entre les cerisiers jusqu’à l’intimiste Yoshino Mikumari-jinja qui m’a particulièrement ému.

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Le Mont Yoshino est desservi par la compagnie privée Kintetsu. Il faut compter une heure depuis Sakurai avec des correspondances. Des trains très rapides « Limited Express » desservent le village depuis Osaka au prix fort en saison. Nombreux petits restaurants traditionnels dans le village (et il ne faut pas oublier d’en ramener des spécialités… à la fleur de cerisier bien sûr !).


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De Yamato-yagi à Kashihara

La préfecture de Nara compte énormément de lieux intéressants et il faut bien faire des choix dans le cadre d’un séjour sur quelques jours. Les idées de manquent pas. Par exemple, j’ai profité d’une météo pluvieuse pour explorer les environs de Yamato-Yagi.

J’ai notamment apprécié la balade dans le vieux quartier d’Imaicho, qui n’a rien perdu son charme d’avant-guerre. Les machiyas y ont gardé tout leur cachet d’antant. Le quartier est aujourd’hui un lieu de balade agréable apprécié des riverains et un décor de cinéma pour les films en costumes d’époque qui y trouvent un cadre historique sans altération du temps. Il ne faut pas rater les petits temples disséminés dans le quartier et facilement repérables sur les plans qui guident les promeneurs, notamment l’intimiste Junmyoji et sa belle allée de cerisiers en fleurs.

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Imaicho est situé à une courte marche de deux stations de train de la compagnie privée Kintetsu : Yaginishiguchi sur un axe Nord-Sud et Unebi sur un axe Est-Ouest.


Un peu plus au Sud par le train, j’ai pu visiter un des sanctuaires shintoïstes les plus importants du Kansai aux yeux des croyants, le Kashihara-jinju. Localisé aux abord d’un petit lac aménagé et d’une colline sacrée, les immenses bâtiments semblent presque dissimulés dans la forêt. De larges allées permettent d’y accéder, une promenade qui prend une dimension poétique particulière lorsque la pluie s’invite.

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Le Kashihara-jingu est facilement accessible en train depuis la station Kashiharajingu-mae de la compagnie privée Kintetsu. La marche depuis Imaicho n’est pas des plus intéressantes, autant sauter dans un train !


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La préfecture de Nara est vraiment le coeur du Japon. De localité en localité, ce sont toujours plus de pépites hors des sentiers battus qu’on découvre au gré de périgrinations inspirantes en pleine nature. Sa position facilement accessible depuis Osaka ou Kyoto en fait une étape incontournable de tout séjour au Japon. Les voyageurs curieux iront au-delà de la ville de Nara, de ses touristes et de ses daims pour découvrir une préfecture qui mettra d’accord les férus d’histoire, de lieux saints et de randonnées. Sortir des itinéraires balisés a du bon et c’est ici que j’ai vraiment commencé à comprendre le pays et ses habitudes de vie, bien loin des cartes postales touristiques.

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